L’écrivain que je suis

Mon art littéraire

Écrivain, je suis l’héritier de mille méridiens et faisceaux de références de tout ordre. Pour beaucoup, j’ai nourri mon œuvre d’avoir puisé dans le patrimoine littéraire des antiques, classiques, romantiques, et bien sûr, d’un large éventail d’œuvres d’auteurs et autrices d’aujourd’hui. La conviction de réaliser une oeuvre m’est venue au moment du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Dès lors, à une boulimie de lecture, je fis mes premières armes en écriture par la correspondance et l’imitation de style et genre variés d’œuvres aussi bien conseillées que me tombant sous la main. Je dois toutefois ma singulière patrafolie à mon premier maître entre tous, François Rabelais. Pour le vrai toutefois, mes premiers pas en écriture, dans la veine surréaliste, sont en filiation Le Singe égal du ciel, un récit fabuleux adapté d’une légende chinoise. Une parabole initiatique, une quête de la connaissance, contée sous forme épique et humoristique.

De fait, j’appartiens à cette lignée d’écrivains pour qui mon univers d’expression littéraire et théâtrale tient substantivement de la fantaisie, du rêve, de la bouffonnerie et du déridage par l’absurde. J’ai par ailleurs poussé le particularisme de mon œuvre à la création d’un glossaire personnel répondant de mon point de vue à des mots-centre et à des mots-source de sensations et d’esprit artisan de musicalité. C’est le propre de ma cohérence issue d’une surabondance d’influences et de croisements de littérature tant écrites qu’orales, autant nationale que relevant du registre de la vaste francophonie. Si retombées y aura-t-il de mon usage “du tout français”, j’aurai peu ou et prou la fierté d’apporter au brassage et à la vitalité de la langue une lexicographie inventée de mon cru.

Écrivain, j’ai développé un style personnel d’écriture dit poétique, allusif, allégorique et métaphorique. Bref la pratique de mon art se fonde et relève d’un esprit joyeux, générateur de comédies et d’une théâtralité soufflée par l’emphase et les hyperboles ironiques. Je prends plaisir à l’exagération tant dans la représentation du tragique, du drame, de l’absurde, de l’érotisme que dans la monophonie du cœur aimant, peiné ou heureux. 

Autre trait significatif de ma personnalité d’auteur. Je travaille à la lime mes textes me fiant rarement à la justesse expressive d’un premier jet. Jongleur des belles lettres, mes procédés stylistiques et littéraires embrassent tant la langue vernaculaire et populaire que les formes articulées d’une langue recherchée. Pour beaucoup, mon écriture se forme littéralement au jeu langagier d’in-ouïe. De l’oreillerie et de ses filiations à diverses époques et emprunts étymologiques. 

En un mot, mon inventivité créatrice s’appuie davantage sur le levier de communication des images, symboles et hyperboles plutôt que sur la fiction d’une écriture dite réaliste. L’écrivain Imre Kertez écrit, dans son roman Le Drapeau anglais¹ “il faudrait presque je raconte ma vie entière. Or c’est impossible, car je manque non seulement de temps mais aussi des connaissances nécessaires.” Dans la même veine, l’auteur haïtien Édouard Glissant a eu un mot fort judicieux qui décrit en gros les lignes de force de mon oeuvre (…) « l’avenir des littératures, c’est l’inexplicable, l’incompréhensible, l’obscur et le trop vaste, le trop lumineux. »

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